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- Résilience systémique: 1. Principes issus de la nature
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Partie 1- Introduction aux systèmes
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Partie 2 - Systèmes résilients
8. Principes de base



Résilience systémique – 1. Principes issus de la nature
Module 8: Principes de base
Ce module comprend 5 Powerpoint.
Plusieurs principes de base permettent de renforcer la résilience d’un SCA pour éviter l’effondrement ou la crise après une perturbation. Ces principes sont interdépendants. Les voici :
- Encourager la collaboration et les réseaux;
- Favoriser la modularité, l’auto-organisation et la flexibilité;
- Assurer le bien-être de chaque élément et du SCA;
- Utiliser les ressources de manière responsable;
- Encourager la diversité et la redondance;
- Encourager l’émergence de nouveauté et la créativité;
- Favoriser les processus cycliques.
Les Modules 4 et 5 ont présenté certaines caractéristiques des systèmes complexes, telles que la formation de réseaux, la modularité, l’émergence de nouvelles fonctions lorsque de nouvelles connexions se forment. Plusieurs des principes de base pour renforcer la résilience des systèmes complexes consistent donc à encourager les caractéristiques propres à ces systèmes. En d’autres mots, ceci signifie que la résilience des systèmes complexes est augmentée lorsqu’on respecte l’identité (ou la nature…) de ces systèmes.




Voici plus de détails sur les principes de base :
- Encourager la collaboration et les réseaux
Les SCA sont des systèmes ouverts dont la survie dépend d’échanges de matière, d’énergie, d’information et/ou d’argent avec d’autres systèmes ouverts. Les SCA sont eux-mêmes composés d’éléments interdépendants.
Cette interdépendance favorise la collaboration entre éléments ou entre SCAs, ce qui mène à la formation de réseaux.
- La collaboration est importante pour entretenir la résilience parce qu’elle permet de mettre les efforts en commun pour s’adapter au changement;
- La collaboration permet un partage des ressources pour le bien-être de l’ensemble du système, qui est alors plus résilient;
- La collaboration mène à l’émergence de nouvelles idées ou de nouvelles façons de faire, donc à la créativité et à l’innovation.
Dans les écosystèmes, la compétition, par exemple pour la nourriture, est également présente, mais la collaboration permet une synergie qui joue un grand rôle dans la résilience d’un système. On peut penser aux ruches d’abeilles ou aux fourmilières.
2. Favoriser la modularité, l’auto-organisation et la flexibilité
Les SCA résilients s’organisent de petit à plus grand: les éléments créent des liens entre eux, formant des réseaux ou des modules. Des réseaux se créent également entre ces modules. Ces modules et réseaux de modules deviennent des sous-systèmes de SCA de plus grande échelle. Ceci mène à la formation de systèmes imbriqués.
Les sous-systèmes ont un degré élevé d’autonomie et s’auto-organisent. Il n’y a pas de contrôle serré. En d’autres mots, les connexions entre le système et ses sous-systèmes ne sont pas trop nombreuses, ce qui laisse de la latitude aux sous-systèmes. Cette latitude permet aux sous-systèmes, et par conséquent à l’ensemble du SCA, de rester flexible et de s’adapter plus facilement au changement.
L’auto-organisation implique des apprentissages. Les SCA sont des systèmes qui apprennent, ce qui leur permet de s’adapter et d’évoluer.
Même si les sous-systèmes d’un SCA résilient ont un haut degré d’autonomie, ils partagent le ou les objectif(s) du système tout en ayant leurs propres objectifs.





3. Favoriser le bien-être de chaque élément et du système
Dans un SCA résilient, chaque élément a un rôle qui contribue au bien-être de l’ensemble du système. Le bien-être de chaque élément est donc essentiel au bien-être de l’ensemble. L’inverse est également vrai.
Exemple 1: Dans le corps humain, la santé des cellules est essentielle à la santé du corps et vice-versa.
Exemple 2: Les opossums mangent des tiques et contrôlent leur population. Depuis que les populations d’opossums ont diminué dans le nord-est de l’Amérique, les populations de tiques ont augmenté, avec comme conséquence une augmentation de l’incidence de maladies transmises des tiques aux animaux et aux humains, telles que la maladie de Lyme. Les opossums contribuent donc au bien-être de leurs écosystèmes et de notre société.
Ces exemples démontrent qu’un SCA a donc intérêt à ce que le potentiel de chaque élément ou individu soit développé pour que ce dernier puisse remplir pleinement son rôle.
Un SCA résilient ne favorise pas un individu ou groupe d’individus au détriment du bien-être de l’ensemble du système.
Les principes de collaboration et de contribution au bien-être individuel et collectif correspondent à des concepts d’éthique et de responsabilité envers l’ensemble du groupe. Un comportement éthique renforcerait donc la résilience d’un SCA.
4. Utiliser les ressources de manière responsable
Les systèmes vivants résilients priorisent l’utilisation des ressources les plus abondantes et ne surexploitent pas ces ressources. Ils utilisent les ressources plus rares avec parcimonie. Cela leur permet de ne pas devenir dépendants de ces ressources rares et de pouvoir se développer dans divers environnements.
Cette utilisation responsable des ressources est facilitée par les processus cycliques qui entraînent la circulation de ces ressources (voir la section 7 ci-dessous). Ces processus cycliques agissent aussi comme boucles de rétroactions qui aident à maintenir un équilibre, donc à éviter la surexploitation des ressources.
Par exemple, lorsque la nourriture devient moins disponible dans un écosystème, les animaux sont moins en santé et donc moins féconds. Leurs populations décroissent et exercent alors une moins grande pression sur la nourriture qui redevient disponible en plus grande quantité, et ainsi de suite. Un équilibre est maintenu grâce à ce processus d’auto-régulation de la population.
5. Encourager la diversité et la redondance.
La diversité et la redondance assurent une meilleure résilience: Dans les écosystèmes résilients, les diverses espèces et les divers individus occupent chacun une ou plusieurs fonctions qui chevauchent celles d’autres espèces ou individus. C’est ce qu’on appelle la diversité fonctionnelle. Ainsi si une espèce ou un individu vient à disparaître, les fonctions qu’il occupait peuvent être remplies par une autre espèce ou individu.
Par exemple, une forêt composée de plusieurs espèces d’arbres et de plantes, qui réagissent différemment à des perturbations telles que les intempéries, les infestations d’insectes ou les maladies, est plus résiliente. Si certaines espèces d’arbres ou de plantes meurent en raison de ces perturbations, les autres espèces qui ont été moins ou peu affectées peuvent assurer les fonctions des espèces disparues.
Dans le cas d’une entreprise, avoir une diversité de clients ou offrir une diversité de produits ou de services renforce la résilience de cette entreprise.
Une plus grande diversité signifie généralement un plus grand éventail de capacités, d’expérience et de formes de connaissances.





6. Encourager l’émergence et la créativité
Ce principe est étroitement lié au principe précédent car la diversité encourage l’émergence de nouvelles façons de faire et stimule la créativité et l’innovation. L’innovation mène à plus de diversité, par exemple à une plus grande diversité de solutions pour augmenter la résilience du système.
Dans un SCA, quand des individus issus de milieux différents sont mis en contact, les nouvelles connexions mènent à l’émergence de nouveaux types d’interactions et à de nouvelles fonctions.
Exemple 1 : Dans une organisation, le fait de mettre en contact des individus ayant des expériences, des capacités, des perspectives et des façons de faire différentes permet de développer de nouvelles idées et stimule l’innovation.
Exemple 2 : C’est à la bordure entre deux écosystèmes qu’on retrouve la plus grande diversité d’espèces en raison des nouvelles connexions qui se créent entre les éléments de ces deux écosystèmes.
7. Favoriser les processus cycliques
Les processus cycliques ont deux fonctions essentielles :
Ils assurent la circulation des ressources et favorisent le « zéro-déchet »;
Ils agissent comme boucles de rétroaction.
Zéro-déchet :
Les échanges de matière dans les écosystèmes résilients sont cycliques, de sorte que la nature ne créé aucun déchet : les déchets d’une espèce servent de nourriture ou de ressource à une autre espèce, de sorte que les ressources ne sont pas gaspillées.
Par exemple, les feuilles mortes nourrissent le sol pour la croissance de nouvelles pousses. Les noix que les écureuils enterrent comme réserves de nourriture servent soit à nourrir les écureuils quand ils les retrouvent ou deviennent des semences d’arbres. Il n’y a donc pas de gaspillage.
Boucles de rétroaction :
Tel que mentionné précédemment, les processus cycliques agissent comme des boucles de rétroaction qui peuvent aider à maintenir un équilibre dynamique. Un exemple de boucle de rétroaction est celui d’une population d’animaux qui s’ajuste à la nourriture disponible. Un autre exemple est celui d’un processus d’amélioration continue dans une entreprise.
Note :
Il est important de mentionner que les principes de base s’appliquent aux SCA comprenant plus d’un individu car la mort éventuelle des individus (humains, arbres, animaux, autres organismes vivants) est inévitable. Les SCA plus complexes et résilients peuvent survivre à la disparition de certains de leurs éléments (individus) qui sont remplacés par d’autres.
Par exemple, dans une famille, les aînés meurent, mais la famille se renouvelle avec la naissance de bébés. Similairement, dans une forêt, les vieux arbres meurent mais la forêt se régénère grâce à de nouvelles pousses d’arbres.


Ce qu’il faut retenir :
Les principes de base pour renforcer la résilience des SCA consistent à :
- Favoriser la collaboration et la formation de réseaux;
- Favoriser la modularité, l’auto-organisation et la flexibilité;
- Encourager la diversité et la redondance;
- Encourager l’émergence de nouveauté et la créativité;
- Favoriser les processus cycliques;
- Assurer le bien-être de chaque élément et de l’ensemble du système;
- Utiliser les ressources de manière responsable, c’est-à-dire n’utiliser de préférence que les ressources les plus abondantes, utiliser les ressources rares avec parcimonie et ne pas surexploiter les ressources.
Plusieurs de ces principes consistent simplement à encourager les caractéristiques qui sont propres aux systèmes complexes, c’est-à-dire à respecter l’identité (ou la nature) de ces systèmes.
Dans le prochain module, il est question de cycles, d’échelles et de panarchie.